Un regard sur les gravures rupestres du mont Bégo

Probablement il existe un processus universel dans le cheminement de l’inexprimé à la transcription écrite.

A partir d’un silence intérieur surgit des révélations sur différents aspects du réel.
Le témoin de cette révélation est alors poussé par la nécessité de transmettre son savoir et sa  charge émotionnelle.
La parole, le verbe, le signe, induit déjà une déperdition d’informations. Mais la trahison est encore plus grande avec l’écrit. Cristalliser une révélation par un signe pour la rendre éternelle participe à sa destruction partielle. Comme l’avaient déjà souligné les Celtes, l’écriture tue ce qu’elle rend immuable. L’écriture, par la rigidité des normes et des codes qu’elle véhicule, réduit, limite, enferme le côté fluide et vivant de la parole.

Les pictogrammes ou idéogrammes du mont Bego n’échappent pas à cette difficulté.
Les 35000 signes de la région du mont Bego sont constitués par la récurrence de seulement 50 signes individualisables. Comment retrouver la signification de ces gravures dans la mesure ou les graveurs ont disparus et les traces orales avec eux ?

Peut-être en comparant des gravures similaires avec d’autres cultures voisines et encore dotées d’un langage proche de celui de l’époque.

Ou encore, pourquoi ne pas oser réemprunter le chemin des graveurs et chercher par la voie de l’auto-révélation, la signification des grands archétypes culturels de l’humanité ?

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